Prudence est mère de sûreté, patience de vertu
Après avoir alternativement soufflé le chaud et le froid depuis le début de l'année, la BCE a finalement pris de court les marchés et les économistes en annonçant de manière quasi-explicite une hausse de taux pour le mois prochain afin, semble-t-il, de contrer les (très hypothétiques) risques d'effets de second tour consécutifs à l'envolée des prix des matières premières. Cette annonce n'est pas sans rappeler l'épisode de juillet 2008, à la différence notable que celle-ci faisait suite à un décrochage des anticipations d'inflation à long terme, ce que l'on n'observe pas aujourd'hui, que la position de l'économie européenne dans le cycle est bien plus précoce et la situation des banques bien plus précaire.
La principale explication de ce futur geste, hâtif, nous semble être la volonté des banquiers centraux européens de profiter de la fenêtre actuelle pour " normaliser " quelque peu une politique monétaire jugée très (trop) accommodante, l'opportunité d'initier un véritable cycle de resserrement monétaire n'apparaissant pas avant le second semestre 2012. Dans ce contexte, le statu quo sur les modalités des opérations de refinancement sera d'un bien maigre secours pour les établissements déjà en difficulté.





