La lettre des décideurs économiques et financiers des hôpitaux

ÉDITORIAL-ÉVÈNEMENT

Crise des hôpitaux... Quelle suite ?

 

Karim AMRI

Directeur d'Hôpital

Face à la situation financière, sociale et organisationnelle des EPS (600 Millions € de déficit pour 2018 et un niveau d'investissement en baisse à 3,7 Mds€ d'euros) des mesures de compensation ont été prises en urgence, lors de la transition des exercices 2019-2020.

Les hospitaliers ont pu constater le lancement de propositions concrètes, en fonction des différentes thématiques d'actualité : Plan urgences (70 M€), Plan Ma Santé 2022 (1,5 milliards pour les 3 prochaines années, aboutissant à un ONDAM ainsi réévalué à 2,59%), Plan Investissement (reprise de 30 % de la dette soit 10 Mds€).

Parallèlement, de nouveaux modèles de financement prévus dans la LFSS 2020 ont été conceptualisés dans la logique d'une plus grande sécurisation des recettes via une montée en charge des dotations et forfaits, notamment en Psychiatrie, SSR, Urgences et ce, avec une plus grande prise en compte de la Qualité et y compris en matière de rebasage de la T2A.

Si ces allocations extraordinaires de moyens ont été perçues sur le terrain comme une bouffée d'air, certaines d'entre-elles resteront toutefois conditionnées à la poursuite de la transformation du système de santé.

La question de la reprise de la dette devrait en effet donner lieu à contractualisation pour s'inscrire dans les mesures de Transformation, avec notamment la poursuite de la montée en charge de l'ambulatoire, mais également celle du premier recours de soins et notamment des CPTS, incluant la labellisation des 500 à 600 Hôpitaux de proximité. La requalification des plateaux médico-techniques concernés, devrait être ainsi abordée lors de ces échanges contractuels.

En outre, le COPERMO (Performance et Investissement), poursuivra ses objectifs d'accompagnement des hôpitaux dans cette logique de reconfiguration. Les ARS resteront quant à elles très sensibles aux recompositions territoriales et notamment en promouvant, dès qu'elles le pourront, directions communes et/ou fusion d'établissement, quitte à ce que certaines d'entre-elles se superposent au périmètre du GHT.

Ce qui n'ailleurs pas échappé à l'IGAS, laquelle évoque dans son dernier rapport1 que : « Globalement, les GHT sont actuellement « au milieu du gué », avec des déploiements très inégaux. Certains apparaissent clairement en avance, convergeant vers un modèle intégratif, d'autres sont en retard, pénalisés par des périmètres ou compositions inadéquats, ou freinés par des contextes médicaux ou économiques défavorables ».

Enfin, les débats territoriaux des élections municipales de ce mois de mars viendront impacter les Conseils de Surveillance, lesquels n'ont manifestement pas voulu traiter en priorité la question de la gouvernance des GHT. Point qui n'a quant à lui pas échappé à l'IGAS voyant : « La possibilité de créer un « établissement public de santé territorial » se substituant en une fois aux établissements parties »...

Notes :

(1) Rapport IGAS 2019-034R, Bilan d'étape des Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT), Décembre 2019

 

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