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Dans le n° 75 - Décembre 2013

Par Eric-Alban GIROUX

Directeur stratégie et finances du CH Argenteuil

Présidant la conférence des DAF des EPS de la région Ile de France

Mots clés associés : T2A, Convergence tarifaire

La T2A, c'est grave Docteur ?

PREF, CREF, PRE, ODT, OBF, VAST, COPERMO, ARES, EPRD, PGFP, PPI, RIA, TBFEPS, SAE, GACAH, ENCC, CPOM, CAQUOS MON, RF, HAS, HOSPIDIAG, ANAP, ATIH, PMSI, ADEME, ANCRE ...

Toutes ces abréviations ne sont que des outils.

Des outils qui contribuent à masquer notre devoir : innover et repenser nos organisations, nos offres de soins, nos métiers pour les faire évoluer, nous adapter à la contrainte financière certes mais pas seulement. Hospitaliers, nous devons nous adapter aux besoins de santé, en perpétuels changements, de nos populations.

Des outils qui contribuent donc à masquer nos droits : le droit d'être considéré comme des professionnels de haute qualité tant morale que technique oeuvrant pour maintenir en santé la population du territoire, chacun en fonction de ses compétences, de ses qualités et de son travail avant tout.

Des outils qui contribuent à masquer notre réalité : l'Objectif national de dépenses de l'assurance maladie (ONDAM) voté par nos élus au Parlement progresse certes (+ 2,7 %) mais moins vite que les dépenses qui nous sont imposées (+ 4,1 %). Le résultat étant, depuis quelques années, une obligation pour les établissements publics de santé de rechercher plus d'efficience, sans s'effondrer.

Des outils qui contribuent à masquer un problème bien plus général : une crise systémique qui touche l'ensemble de nos structures hospitalières. Elle n'est que l'une des conséquences des multiples vagues de crises financières qui ont touché la planète et notre pays, et n'est donc pas liée à une quelconque forme d'incompétence hospitalière.

" C'est l'effet papillon " qui aura transformé les crises financières mondiales en millefeuille français d'outils de contrôle hospitalier, sans pour autant provoquer de refonte du modèle sanitaire.

Ainsi, dans ces moments de grands changements où la vision est troublée voire faussée, il nous appartient de clarifier et faire savoir le " qui fait quoi, pour qui, pour combien " entre les principaux modèles d'hospitalisations français : celui public ou ESPIC ; celui privé à but lucratif.

A bien y regarder les différences sont réelles et notre inconscient collectif le savait.

A bien y regarder le discours convenu prônant le modèle privé lucratif moins coûteux ne résiste pas à l'analyse factuelle, notamment au regard du coût journalier pour les pathologies les plus lourdes.

A bien y regarder la convergence imposée et renforcée n'est pas légitimé par le travail réalisé par les hospitaliers publics ou ESPIC et provoque une divergence de traitement en large défaveur du modèle public ou ESPIC.

A bien y regarder le modèle T2A a renforcé les inégalités en discriminant les populations. Il laisse aux seuls hôpitaux publics ou ESPIC la cohorte grandissante de notre population vieillissante et/ou précarisée non " monétisable " et pourvoyeuse de créances irrécouvrables.

A bien y regarder, et bien ... regardez.





Notes :


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