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ÉDITORIAL - ÉVÈNEMENT

Les États Généraux de la Bioéthique : quels sont les principaux enjeux ?

Roland CASH

Le 21 janvier 2026, les États Généraux de la Bioéthique ont été lancés[1] par le Comité Consultatif National d'Ethique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE). L'objectif est d'organiser une très large consultation publique afin d'identifier les questions éthiques émergentes liées aux avancées scientifiques et sociétales et d'éclairer le législateur en amont de la prochaine révision de la loi de bioéthique, via des débats citoyens en région organisés avec les Espaces de réflexion éthique régionaux, des auditions, des contributions écrites, des séminaires thématiques et conférences, des événements dédiés aux jeunes publics, un comité citoyen constitué en partenariat avec le Conseil économique, social et environnemental. « Les choix scientifiques et médicaux ne peuvent être dissociés d'une réflexion collective sur les valeurs qui fondent notre vivre-ensemble », indique le Pr Delfraissy, Président du CCNE. Un avis du CCNE fondé sur ces États Généraux sera publié à l'automne 2026.

Rappelons que la révision précédente de la loi de bioéthique a été promulguée le
2 août 2021, après trois ans de travaux, et qu'un nouvel examen par le Parlement doit intervenir au maximum sept ans après cette promulgation. Les débats avaient porté en particulier sur les questions de procréation et de filiation, ayant conduit à accroître fortement la demande dans les techniques de procréation médicalement assistée et l'utilisation de gamètes, demande à laquelle les centres ont du mal à faire face.

La réflexion s'organisera, comme lors des États Généraux de 2018, autour des grands thèmes suivants : Examens génétiques et médecine génomique ; Procréation ; Neuro­sciences / Neurotechnologies ; Cellules souches et organoïdes ; Dons, greffes d'organes et xénogreffes ; Santé, environnement et climat ; Numérique, IA et santé. En outre, une ouverture à trois nouvelles thématiques est proposée : la sobriété en médecine ; les nouveaux enjeux de la prévention ; les enjeux de santé propres aux territoires ultra­marins.

Le thème de la sobriété en médecine permet d'interroger des enjeux cruciaux pour les acteurs de soins et les patients : jusqu'où traiter ? Le CCNE observe que l'accélération des innovations médicales conduit à une multiplication des actes, examens et traite­ments possibles. « La sobriété en médecine interroge la pertinence des soins, l'équilibre entre bénéfice individuel et intérêt collectif, et la manière d'utiliser les ressources de santé de façon juste et responsable ». Ces interrogations sont cruciales pour préserver un système de santé soutenable et répondant au mieux aux attentes de la population. L'Académie nationale de médecine a déjà publié en 2025 un rapport sur cette question[2], pointant la surmédicalisation, l'extra-médicalisation, la fascination pour l'innovation, la financiarisation du système de soins. « Les conséquences de ces déviances consuméristes du système de santé sont multiples : le risque iatrogène, l'inéquité des soins, l'impact environnemental avec des retombées écologiques qui ne peuvent être négligées, un insoutenabilité économique qui ne saurait être occultée ». Autant dire que le débat devrait être riche !

Notes :

[1] https://www.ccne-ethique.fr/fr/etats-generaux-de-la-bioethique-2026/comprendre-les-etats-generaux

[2] https://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2025/12/RAPPORT-La-sobriete-dans-le-soin-principe-civique-de-solidarite-APRES-VOTE.pdf

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Au sommaireN°207
Décembre 2025

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